N° 53 du 30-12-2020

COMMUNIQUE DIOCESAIN N° 53 DU 30 DECEMBRE 2020

REGARD SUR L'ACTUALITE

CONSTRUIRE LA PAIX

            A l’occasion de la journée mondiale de la Paix célébrée comme chaque année le 1° Janvier, le Pape François publie pour 2021 un message intitulé : « La culture du soin comme parcours de Paix ». Rappelons que le Christ nous révèle le vrai champ de bataille où s’affrontent la violence et la paix, le cœur de chacun : « c’est du dedans, du cœur de l’homme que sortent les pensées perverses… » Face à la violence, il offre une réponse opposée à la vengeance, une réponse positive, l’amour, seul capable d’aider au progrès de l’humanité, seul capable de nous aider à grandir à l’image et à la ressemblance de Dieu. Pour nous aider à mieux comprendre comment mettre en œuvre cette réponse positive, le Saint Père se propose d’orienter notre réflexion et notre action vers ce qu’il appelle « la culture du soin ». Qu’est-ce à dire ?

            Le point de départ se trouve dans les Ecritures, dans les premiers chapitres du livre de la Genèse. En effet, dès l’origine, nous rappelle le Pape François, l’Homme reçoit pour mission de prendre soin de la création que Dieu lui confie : « Dans le récit biblique de la création, Dieu remet le jardin “planté en Éden” (cf. Gn 2, 8) entre les mains d’Adam avec la charge de “le cultiver et de le garder” (cf. Gn 2, 15). Cela signifie, d’une part rendre la terre productive et, d’autre part, la protéger et lui conserver sa capacité de soutenir la vie. Les verbes “cultiver” et “garder” décrivent la relation entre Adam et sa maison-jardin, et montrent aussi la confiance que Dieu met en lui en le faisant seigneur et gardien de toute la création ». Prendre soin de la création implique également prendre soin des hommes et des femmes qui la peuplent. Pourtant, cette exigence est mise à mal dès le départ, avec le meurtre de Abel par son frère Caïn : « Après avoir tué son frère Abel, Caïn répond à la question de Dieu : « Est-ce que je suis, moi, le gardien de mon frère ? » (Gn 4, 9). Oui, certainement ! Caïn est le “gardien” de son frère. Dans ces récits si anciens…, une conviction actuelle était déjà présente : tout est lié, et la protection authentique de notre propre vie comme de nos relations avec la nature est inséparable de la fraternité, de la justice ainsi que de la fidélité aux autres ». Jésus portera à sa perfection ce souci du frère et de la sœur, quel qu’il soit : « Jésus est le Bon Pasteur qui prend soin des brebis (cf. Jn 10, 11-18 ; Ez 34, 1-31). Il est le Bon Samaritain qui se penche sur l’homme blessé, soigne ses plaies et prend soin de lui (cf. Lc 10, 30-37) ».

            Tout au long de son histoire et de sa réflexion, l’Eglise s’efforcera de mettre cette culture du soin au cœur de sa doctrine sociale en la déclinant selon plusieurs aspects :

*Le soin comme promotion de la dignité et des droits de la personne : « De cette dignité dérivent les droits humains, et aussi les devoirs, qui rappellent, par exemple, la responsabilité d’accueillir et de soutenir les pauvres, les malades, les marginaux, chacun étant notre « prochain, proche ou éloigné dans l’espace et dans le temps »

*Le soin de la maison commune : « Tout aspect de la vie sociale, politique et économique trouve son accomplissement quand il se met au service du bien commun, c’est-à-dire de « cet ensemble de conditions sociales qui permettent, tant aux groupes qu’à chacun de leurs membres, d’atteindre leur perfection d’une façon plus totale et plus aisée »

*Le soin au moyen de la solidarité : « La solidarité exprime concrètement l’amour pour l’autre, non pas comme un vague sentiment mais comme « la détermination ferme et persévérante de travailler pour le bien commun, c'est-à-dire pour le bien de tous et de chacun parce que tous nous sommes vraiment responsables de tous ». 

            En conclusion de son message, le Pape François rappelle qu’il n’y a pas de paix sans la culture du soin : « La culture du soin, cet engagement commun, solidaire et participatif pour protéger et promouvoir la dignité et le bien de tous, cette disposition à s’intéresser, à prêter attention, à la compassion, à la réconciliation et à la guérison, au respect mutuel et à l’accueil réciproque, constitue une voie privilégiée pour la construction de la paix ». Puissent les vœux que nous allons échanger être illuminés et accompagnés du désir de mettre en œuvre cette culture du soin pour faire grandir la Paix !

Bonne, Heureuse et Sainte Année à tous

† Jean-Pierre Cottanceau


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